20 juin 2009

Olaf Erwin - Rain, Fall, Grief, Wet, The latest Fashion

En général je ne suis pas une fan des artistes trop « provocateurs-commerciaux », comme David La Chapelle ou Terry Richardson. Et d’autant plus, sur des photos trop policées, trop photoshop, trop papier classé. J’aime plutôt quand c’est basé sur du vrai, du réel, de l’instant présent, des couleurs travaillés mais pas surexplosées… donc tout ce qui ne se retrouve pas chez Olaf Erwin. Et pourtant je suis fan. Méga fan.

La première fois que j’ai vu son travail, c’était dans un livre dans le shop du Palais de Tokyo. J’avais trouvé ça, waouh, mais j’étais passée à autre chose. Mais c’est sa série dans le Next de Libé, sortie en février ou en mars je ne sais plus, qui m’a fait m’intéresser de plus en plus à son boulot. Sa série avait pour thème la déchéance d’une famille où l’équilibre est basé sur la situation du jeune père, que l’on imagine requin de la finance. Dans une époque de crise financière. On assiste à un souper où on n’aurait pas envie d’être invitée, malgré le décor de luxe autour de nous. A la dépression du père. A la fuite de la mère et l’enfant. Au suicide du père. Les photos sont belles, mais surtout tranchantes. L’émotion est palpable, la tension présente, on est mal à l’aise mais on continue de tourner les pages pour savoir ce qui se passe.

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On n’a pas toujours l’opportunité de savoir ce qui se passe après. Dans Rain, Hope et Grief, la photo est prise avant qu’il ne passe quelque chose. Quand la tension monte, qu’il n’y a plus d’espoir, quand la solitude des personnages est palpable. Après : les cris, les larmes, la panique. On s’imagine facilement les personnages se jeter par terre, s’arracher les cheveux, retourner une arme contre eux-même ou contre les gens autour. Et c’est ça qui est génial avec son art. C’est cette capacité de nous projeter dans une image que l’on ne voit pas, de nous raconter une histoire, mais le tout basé sur du faux. Car on le sait, avant de regarder les images, tout est faux, tout est artificiel, la photo a été travaillé pendant des heures avant et après avoir été prise. Mais ça, on l’oublie dès que l’on regarde la photo, dès qu’on se plonge dedans. On est englouti. On attend la réaction.

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The Dancing school, Rain, 2004

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The Kitchen, Hope, 2005

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Barbara, Grief, 2007

Certaines personnes peuvent penser que son travail est totalement surfait, car, clairement, O.E. nous donne trop de détails sur la suite qu’il imagine ou du moins qu’il veut nous faire imaginer. Que c’est de l’art « facile ». On voit bien que le whisky dans le verre est pur, qu’il pleut dehors, et que la personne attendue ne viendra pas. C’est sûr que cela ne demande pas un effort surhumain pour savoir où le photographe veut en venir. Mais on s’en fout qu’Olaf sache comment on va réagir, du moment que son art est capable de nous faire vivre une émotion. A mes yeux, quelque soit la manière, l’art doit nous faire réagir, rire, sourire, détourner les yeux, froncer les sourcils, nous donner envie de nous retourner, de nous en éloigner. Nous prendre aux tripes. L’art est vivant. Et le travail d’Olaf Erwin également. Si vous ne me croyez pas, allez faire un tour à la mini rétrospective qui a lieu jusqu’au 15 juillet à l’Institut Néerlandais à Paris. Et profitez-en pour mater ses vidéos, et en particulier Wet et The Latest Fashion.


Commentaires sur Olaf Erwin - Rain, Fall, Grief, Wet, The latest Fashion

    Bon, je ne m'y connais pas beaucoup en photos. Mais j'ai tendance à bien aimer les retouches sur photoshop quitte à en faire un peu trop.

    Mais ce qui m'a plus sur ce que je vois de Olaf Erwin, c'est justement toutes ces suppositions... ces scènes coupées, interrompues...

    Posté par Lusionnelle, 20 juin 2009 à 21:14 | | Répondre
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